Articles Tagués ‘justice climatique’

Batailler contre les climato-sceptiques et les fausses solutions !

7 avril 2010

Les climato-sceptiques peu scientifiques… et parfois financés par des lobbies pétroliers

Depuis plusieurs semaines, ceux que Stephan Schneider, climatologue américain, appelle les « dénigreurs du changement climatique » plutôt que climato-sceptiques (voir ici), essaient de reprendre la main. Selon lui, l’écho qu’obtiennent leurs interventions est disproportionné par rapport à leur crédit scientifique, et ressemblent plus à de la « propagande idéologique » qu’à une « démarche scientifique ». C’est également le sens du récent appel de 400 scientifiques français spécialistes du climat demandant « structures référentes de la recherche scientifique française » d’exprimer publiquement leur « confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux », c’est-à-dire prendre position contre Allègre, Courtillot et consorts. Les industriels et lobbies pétroliers sont de la partie. Un rapport publié par Greenpeace – Etats-Unis montre que Koch Industries, conglomérat pétrolier américain a dépensé 18,4 millions d’euros entre 2005 et 2008 pour soutenir financièrement des campagnes d’information ou des organisations niant le changement climatique (article du Monde et du Guardian).

Dans le même temps, les promoteurs de fausses solutions poursuivent leur route sans issue.

Les marchés carbone, ça dysfonctionne.

Premiers pourfendeurs de la taxe carbone sous prétexte de « double peine » venant s’ajouter au marché carbone européen, des multinationales françaises parmi les plus polluantes, comme Arcelor Mittal ou le cimentier Lafarge, profitent des largesses du système européen. Selon l’ONG britannique Sandbag qui vient de publier un rapport, des industries très polluantes réussissent le tour de force de convertir en dizaines de millions d’euros les droits d’émission obtenus gratuitement en surplus de leurs besoins (voir articles de Bastamag ici et de Médiapart ici). Ces révélations s’ajoutant aux affaires de fraude sur la TVA (voir ici) et de suspension des échanges (voir ici) sur le marché du carbone européen, sans doute est-il temps d’exiger une remise en cause profonde de la finance carbone. Le collectif UCJS avait émis des pistes alternatives lors sa rencontre du 6 février (voir ici).

La France, soutien de la production de CO2 ?

Côté « développement », la Banque Mondiale doit se prononcer le 8 avril sur un prêt pour la construction de la centrale à charbon de Medupi en Afrique du Sud, portée par la multinationale sud-africaine Eskom. Cette centrale, qui émettra 25 millions de tonnes de CO2 par an, entraînera des pollutions majeures au soufre et au mercure, et exigera l‘ouverture de 40 nouvelles mines de charbon pour l’alimenter. Alors que les Etats-Unis s’abstiendront lors du vote, la France risque de soutenir le projet pour défendre les intérêts d’Alstom, impliqué dans la construction de la centrale. Un courrier (voir ici) à l’initiative des Amis de la Terre et signé (notamment) par Attac, Aitec, CADTM, Rac, CRID, a été envoyé au Président de la République et une cyberaction citoyenne est en cours (à signer ici).

En France, le gouvernement enterre son Grenelle de l’environnement.

Après l’abandon de toute taxe carbone que certains, comme le collectif Bizi, interprètent comme un enterrement du Grenelle de l’environnement (voir ici), les politiques gouvernementales sont bien éloignées des objectifs affichées de la semaine du « développement durable » qui vient de démarrer, ce 1er Avril… ! Les projets routiers et autoroutiers (Strasbourg, Bordeaux, Perpignan, Lyon-Saint Etienne…), aéroportuaires (Notre Dame des Landes…), l’abandon du fret diffus et de proximité par la SNCF, la construction d’un réacteur EPR à Penly alors que celui de Flamanville est un gouffre financier et une aberration technologique et écologique, sont autant d’exemples de projets gouvernementaux en contradiction avec les exigences de politiques alternatives portées par le collectif Urgence Climatique Justice Sociale.

16 déc : « Peoples Assembly to reclaim power »

15 décembre 2009

Suite à l’immense succès de la manifestation de samedi – manifestation qui fera date et qui marque l’arrivée massive des mouvements sociaux dans la bataille climatique, depuis dimanche, les mouvements sociaux et écologistes maintiennent la pression sur les négociations en multipliant les actions de rue et interventions au Bella Center. Aujourd’hui mardi 15 décembre, sera dénoncé l’agrobusiness qui participe fortement au réchauffement climatique sans résoudre la faim dans le monde et tout en enrichissant quelques riches propriétaires et multinationales.

Le 16 décembre, à partir de 8h, organisée par les coalitions Climate Justice Action et Climate Justice Now !, l’initiative « Peoples Assembly to reclaim power » mêlera des actions de rue au plus près du Bella Center et des interventions à l’intérieur même des négociations. L’objectif sera de bousculer les négociations officielles en créant un espace IN-OUT afin de faire entendre celles et ceux qui sont ne sont jamais écouté-e-s et pour imposer notre propre agenda et nos solutions : pas de solutions basées sur le marché, laisser les ressources fossiles dans le sol, contrôle démocratique des populations sur les ressources naturelles, relocalisation des productions, réduction des surconsommations notamment du Nord, reconnaissance de la dette écologique contractée auprès des pays du Sud, reconnaissance des droits des populations indigènes.

Des militant-es des organisations du collectif français Urgence Climatique Justice Sociale y participeront, aussi bien à l’intérieur du centre de négociations qu’à l’extérieur.

Copenhague ne doit pas se transformer en sommet des fausses solutions au changement climatique.

Copenhague ne doit pas se transformer en sommet des fausses solutions au changement climatique.

5 décembre 2009

Info presse du 4 décembre – Egalement disponible ici en .pdf

Nous avons besoin d’un accord contraignant, juste et la hauteur des enjeux .

Le sommet de Copenhague sur le changement climatique débute ce lundi 7 décembre. Les négociations, elles, ont réellement commencé à Bali en décembre 2007 et elles sont loin d’avoir abouti. Les annonces de ces derniers jours, qu’elles proviennent des Etats-Unis, de l’Union Européenne, de la Chine ou du Brésil, ne modifient pas radicalement la donne. Les propositions des pays développés, tant en termes d’engagements de réduction de gaz à effets de serre que de financements, ou de transferts de technologies dites « vertes », ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilités historiques dans le changement climatique actuel. La Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, et derrière eux sans doute l’ensemble des pays du G77, sont prêts à quitter la table des négociations si les propositions des pays développés ne sont pas sérieusement revues à la hausse, et cela sans contrepartie contraignante pour les pays historiquement peu émetteurs de CO2.

Derrière ces parties de poker-menteur, qui ont peu à voir avec les intérêts des populations et la lutte contre les dérèglements climatiques, se jouent des batailles de leadership international qui ne visent qu’à maintenir ou renforcer des dominations commerciales, économiques et financières. Nous ne pouvons que nous inquiéter des risques que font peser ces stratégies sur le maintien d’un cadre onusien, contraignant et multilatéral de discussions et de décisions. Nous réaffirmons avec force notre exigence d’aboutir, dans le cadre de l’ONU, à un accord contraignant, juste et à la hauteur des enjeux. C’est aux gouvernements des pays développés de prendre leurs responsabilités.

D’autre part, le sommet de Copenhague ne doit pas se transformer en sommet des fausses solutions au changement climatique. Les propositions visant à créer un marché mondial du carbone quasi sans régulation et à étendre les mécanismes de compensation sont inacceptables. Nous refusons l’Intégration du mécanisme REDD (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts), des techniques agricoles, du nucléaire ou encore de la capture et du stockage de carbone (CSC), dans les mécanismes de flexibilité autorisant la création de certificats d’émission qui alimenteront les marchés carbone et la spéculation. Source de risques financiers, d’inefficacités écologiques et d’injustices sociales, la finance carbone n’est pas la solution, mais une partie du problème.

Il n’y aura pas de solutions aux dérèglements climatiques sans une transformation radicale de notre modèle de développement productiviste, construit sur la prédation des ressources et la mise en concurrence des populations. Les populations les plus pauvres, du Sud et du Nord, ne peuvent être celles qui paient l’addition. Les sommes colossales investies dans le sauvetage du système bancaire montrent que les moyens financiers existent. Mobilisons-les pour sauver le climat et assurer une véritable justice sociale et climatique à l’échelle de la planète.



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