Archive pour la catégorie ‘Monde’

Après Cancun, comment construire le mouvement pour la justice climatique ?

3 février 2011

Au lendemain de la conférence sur le climat de Cancun (29 nov – 10 déc), un unanimisme trompeur s’est répandu dans la presse de nos pays : les principales ONG et éditorialistes en saluaient le résultat. Pourtant, Cancun n’a fait qu’entériner Copenhague. Le constat est clair : aucun engagement réellement contraignant, abandon du protocole de Kyoto, extension des logiques de marché, rôle donné à la Banque Mondiale, dangers sur les forêts, etcLes textes issus de Cancun ne sont pas à la hauteur des exigences de la science et démontrent une fois de plus l’incapacité des Etats à dépasser les intérêts économiques et financiers qu’ils représentent pour mener des politiques efficaces face à la crise climatique et environnementale.

Nous reproduisons ici la vidéo réalisée par l’association Alter-Echos qui au lendemain des négociations a interrogé plusieurs représentants d’associations et ONG, notamment des pays du Sud, pour faire un bilan sans concession des résultats de cette conférence et dresser les perspectives :

Cancun entérine Copenhague

7 décembre 2010

Compte-tenu de l’urgence climatique – les émissions de gaz à effets de serre ont vraisemblablement augmenté de 3 % en 2010 – il n’y a qu’une seule façon d’évaluer un accord : permet-il de réduire drastiquement les émissions de GES ? A la lecture des deux textes issus des négociations de Cancun,  la COP-16 n’aura pas été à la hauteur des enjeux, alors que les espérances n’étaient déjà pas très élevées. Les engagements actuels, selon les prévisions des scientifiques, pourraient conduire à une augmentation de la température de plus de 4°C. Soit un véritable désastre pour de nombreux pays fortement vulnérables aux dérèglements climatiques (îles, zones côtières, régions avec peu de ressources hydriques, etc…).

Bienvenue à Cancun (© shtig)

A cette absence d’engagements suffisants, s’ajoute la remise en cause du seul instrument légalement contraignant actuel, le protocole de Kyoto. Le nouveau texte offre en effet de nombreux échappatoires aux pays désirant se dégager de leurs responsabilités. Présentées comme de véritables succès, les mises en place d’un fond vert pour le climat et d’un dispositif pour lutter contre la déforestation sont loin d’être satisfaisants. Par exemple, les sources de financement du fonds vert ne sont pas précisées, laissant la porte ouverte à une primauté de financements privés possiblement issus des marchés carbone. Ce fonds sera par ailleurs confié pour les trois prochaines années à la Banque Mondiale qui ne cesse d’accroître ses financements pour les projets d’extraction de pétrole. Le dispositif REDD+ (Réduction des Emissions liées à la Déforestation et la Dégradation des forêts) quant à lui ne reconnaît pas les droits des populations locales et en l’état sera surtout une opportunité pour des multinationales ou des Etats de financer des projets “verts” à moindre coût sans rien changer de leurs émissions.

Au final, les Etats-Unis et la Chine sont les grands gagnants de cet accord, leurs exigences ayant toutes été respectées. Les Etats-Unis ne s’engagent sur rien de contraignant. La Chine ne verra aucun contrôle international sur ses politiques nationales. Une fois de plus, les réalités géopolitiques et économiques ont largement déterminé le résultat de ces négociations. Preuve en est qu’on ne sauvera pas le climat sans changer le système.

Ci-dessous un recueil de textes et de communiqués.

————–

Sur les négociations :

Sur les mobilisations :

Vidéos sur les mobilisations :

L’assemblée des peuples

La marche à Mexico du 30 novembre

Les caravanes

Qu’attendre de Cancun ?

29 novembre 2010

Un an après le résultat de Copenhague, une nouvelle Conférence des Parties (COP-16) sur les négociations climatiques va s’ouvrir à Cancun, paradis des fausses solutions urbaines et créée de zéro voilà presque 40 ans : destructions de mangroves, constructions en bord de mer, ville quasi uniquement desservie par l’aéroport, absence de transports en commun, etc…

Ici seront répertoriées quelques-uns des documents et communiqués sur les attentes, revendications et exigences des mouvements sociaux et environnementaux à la veille de ce nouveau sommet.

De Nagoya à Cancun, des initiatives citoyennes innovantes

6 novembre 2010

La dixième conférence de l’ONU sur la biodiversité qui s’est tenue à Nagoya du 18 au 29 octobre avait pour objectif de prendre des décisions pour faire face à l’effondrement de la biodiversité biologique à l’échelle de la planète. Au final, le bilan est mitigé. Comme le fait le collectif Biopiraterie dans cette analyse, on peut à la fois saluer la validation d’un protocole sur l’accès et le partage des avantages tirés de la biodiversité, tout en regrettant que ce protocole ne prévoit pas vraiment de dispositif contraignant pour tenir compte du droit des populations locales. Par ailleurs, si un moratoire mondial a été acté sur la géoingéniérie (voir ce communiqué en espagnol d’Ecologistas en Accion), la propriété intellectuelle sur les végétaux n’a pas été remise en cause. Enfin, la conférence s’est appuyé  sur le rapport «Économie des écosystèmes et de la biodiversité» piloté par Pavan Sukhdev qui préconise, pour «sauver» la biodiversité, l’évaluation des «services environnementaux» rendus par la nature et la fixation d’un prix permettant de les gérer avec des «financements innovants» (voir ce communiqué d’Attac France). Ce qui fait dire à George Monbiot que “l’accord pour sauver la nature n’est jamais arrivé” (voir son article en anglais)

Alors que la biodiversité est un bien commun, la mise en place de mécanismes de marché, qui font preuve de leur inefficacité et dangerosité dans le cas du climat, serait un pas de plus vers la privatisation et la financiarisation de la diversité biologique (voir cette tribune de Sylvain Angerand et Fabrice Nicollino). A Cancun (Mexique) (29 nov – 10 déc), prochaine conférence sur le climat, le mécanisme REDD (Réduction des Emissions dues à la Déforestation et la Dégradation forestière) pourrait faire entrer les forêts dans les marchés carbone.

Face à ces risques et au fait qu’il y a très peu de chances d’obtenir à Cancun un accord à la hauteur des enjeux, juste et contraignant, il est décisif de “transformer les négociations climatiques” comme le propose Alberto Gomez de la Via Campesina dans cette interview. Pour cela, en alliance avec de nombreux mouvements, et notamment l’Assemblée Nationale des Affectés Environnementaux, la Via Campesina organise des caravanes internationales qui partiront de différentes villes du Mexique et se rendront à Cancun pour “rendre visibles les luttes que nous menons contre les activités minières, contre la pollution de l’eau, contre les grands barrages” (voir les dates et itinéraires). Des caravanes similaires devraient également partir du Pérou et de la Bolivie. A Cancun même, de multiples espaces citoyens pour débattre des vraies solutions seront organisés, ainsi que de nombreuses actions et manifestations pour faire entendre les voix de celles et ceux qui ne sont pas écoutés dans les arènes officielles.

Ce n’est pas tout. Devant l’extrême difficulté pour se rendre à Cancun (argent et visas), la Via Campesina a proposé d’organiser 1000 Cancun autour du 7 décembre sur toute la planète. Cette proposition a été reprise par de nombreuses organisations et réseaux. En France, plusieurs initiatives sont sur les rails. Notamment, le samedi 4 décembre, à l’initiative d’Attac, les Amis de la Terre, la Confédération Paysanne et Bizi!, un rassemblement d’une journée à Cancon (Lot-et-Garonne) ayant pour objectif de visibiliser les alternatives et luttes locales face aux dérèglements climatiques (voir l’appel pour plus de précisions). Une réunion publique sera également organisée à Paris le 8 décembre en soirée avec un duplex depuis Cancun. A l’échelle européenne, une assemblée pour la justice climatique aura lieu à Bruxelles du 26 au 29 novembre 2010 (voir l’appel ici) avec une manifestation le dimanche 28 pour “chanter pour le climat“. Et vous pouvez retrouver de nombreuses alternatives concrètes locales faisant face aux défis climatiques et environnementaux sur le site d’Alter-Echos.

A noter également que de nombreuses réunions publiques seront organisées d’ici Cancun, comme ici à Rouen (présentation du collectif). Ou encore cette initiative les 5 et 6 novembre à Genève du CETIM sur la question “A qui appartiennent les richesses naturelles ?” qui revient en particulier sur la proposition Yasuni-ITT visant à laisser du pétrole sous terre à condition d’une compensation financière internationale (à ce sujet, voir également cette tribune des Amis de la Terre qui précise que c’est un projet “tout sauf simple“).

Retour sur la semaine d’action du 10 au 17 octobre…

6 novembre 2010

Du 10 au 17 octobre, s’est tenue une semaine internationale d’actions pour la justice climatique. Revenons sur quelques initiatives, en vidéo et en photos.

Au Royaume-Uni, une des plus grandes raffineries du pays a été bloquée par des centaines d’activistes à l’appel du groupe Crude Awakening toute la journée du samedi 16 Octobre. Voir l’article de la BBC et celui d’indymédia. Voir la superbe vidéo qui a été réalisée :

En écho à l’appel ARRET TOTAL du Camp Climat, une action de blocage d’une station-essence Total s’est déroulée le 15 Octobre à Paris. Voir la vidéo :

L’ensemble des initiatives se retrouvant dans l’appel lancé par Climate Justice Action se retrouvent indiquées sur cette page.

A Bayonne, organisé par le collectif Bizi!, et ce malgré les conditions météorologiques, le village Alternatiba, “village de transition vers le monde de demain” a reçu la visite de plusieurs milliers de personnes. Voir des photos ici et ici.

Vous pouvez aussi retrouver sur le site du collectif contre l’irradiation des aliments les informations relatives à l’initiative organisée à Paris, et sur le site de Combat Monsanto le bilan des initiatives prises le 16 octobre en France, journée mondiale d’action contre Monsanto et les OGM.

Plus loin, à Quito (Equateur), une manifestation conjointe du Forum Social Mondial des Migrations et du Congrès de la CLOC-Via Campesina (compte-rendu ici) a été organisée le 12 Octobre pour « des droits pour toutes et tous, une citoyenneté universelle, la souveraineté alimentaire et la réforme agraire ». Cette journée, supposée être l’anniversaire de la « découverte » de l’Amérique par Christophe Colomb, a été réappropriée par les mouvements indigènes pour en faire une  journée en défense d’Abya Yala (désignation indigène de la « Mère nourricière »). La vidéo suivant explique les relations entre luttes paysannes et droits des migrants, les deux étant très liés aux dérèglements climatiques :

Du 10 au 17 octobre, semaine internationale d’actions pour la justice climatique

7 octobre 2010

Après les nombreux camps climat de l’été, les initiatives militantes et citoyennes visant à démontrer que la justice climatique et sociale ne peuvent se contenter de mots, vont se multiplier dans les jours à venir. Pour partie à l’appel du collectif Climate Justice Action mais aussi du Forum Social Européen de juin dernier, ces initiatives ont un fil conducteur commun : devant l’inaction des gouvernements, notamment du Nord, et alors que les conséquences des dérèglements climatiques sont déjà là (sécheresses ou inondations de l’été etc…), il est fondamental d’imposer nos propositions pour sortir d’un modèle consumériste et productiviste qui broie les populations et détruit la planète. Imposer ces solutions nécessite de nombreux ingrédients complémentaires : sensibilisation et information, démonstration et expérimentation d’initiatives concrètes, reprise du pouvoir sur nos vies et construction d’un rapport de force avec les puissants de ce monde afin d’imposer des solutions allant à l’encontre de leurs intérêts.

Cette semaine d’actions débutera le 10 Octobre par les centaines d’initiatives réclamant 10 % de réduction de Gaz à effets de serre dès 2010. Citons par exemple le village Alternatiba qu’organisera Bizi! à Bayonne, “Un village de transition vers le monde de demain” ! A la fois fête populaire et salon des alternatives à la crise écologique et sociale, nous vous invitons à plonger dans son très riche programmes d’alternatives concrètes qui seront expérimentées et exposées “composant une société post-carbone, heureuse et conviviale“. Ou encore cette initiative similaire à Bordeaux, organisée par le collectif climat Gironde qui vise à “s’engager pour réduire nos émissions de CO2 (- 10% dès 2010) et exiger un accord ambitieux, contraignant et juste au sommet de Cancun“. Ou celle-ci à Pau. Au final plus de 6500 initiatives seront organisées dans le monde ce jour-là.

De nombreuses actions de désobéissance civile auront lieu tout au long de la semaine. En France, ARRET TOTAL est un appel issu du camp climat du Havre de cet été pour bloquer des actions directes le samedi 16 octobre avec pour objectif “d’enlever les pubs, de semer des graines, de visiter un supermarché comme vous ne l’avez jamais fait, de porter plainte contre Total, de donner la priorité aux gens sur les voitures…“. A Paris, en écho à cet appel et celui de la semaine internationale d’action directe pour la justice climatique, une action de désobéissance civile non-violente pour “bloquer une station d’essence” devrait être organisée le 15 octobre.

Cette semaine se clôturera par les actions “pour dénoncer le rôle des entreprises de l’agrobusiness telles que Monsanto dans la destruction et l’accaparement de la biodiversité et du vivant” à l’appel de la Via Campesina (voir la liste des actions en France ici). Cet appel s’intègre naturellement à cette semaine d’actions pour une justice climatique et sociale, tant les conséquences de l’agro-business sont dévastatrices aussi bien sur le plan humain et social (disparition des petites exploitations vivrières et paysans jetés dans la pauvreté et la misère) que sur le plan climatique et environnemental (pollutions, perte de biodiversité, érosion des sols etc…). A Paris, sont programmés une manifestation et un débat.

Dans le cadre de cette semaine de mobilisation, le collectif contre l’irradiation des aliments qui regroupe une vingtaine d’organisations invite à une conférence le jeudi 14 octobre (programme et communiqué de presse) pour alerter l’opinion publique sur le risque de voir l’Union Européenne autoriser et promouvoir l’irradiation de tous types d’aliments. En plus de comporter de nombreux risques sanitaires, cette irradiation généralisée des aliments ne pourrait que favoriser l’extension des productions délocalisées et les transports de denrées alimentaires d’un bout à l’autre de la planète.

Dans le même temps, la coalition Climate Justice Now! vient de rédiger une lettre adressée à l’ensemble des gouvernements de la planète (ici en français et ici en anglais), et notamment ceux du Nord, afin de rappeler les exigences fondamentales des mouvements pour la justice sociale et la justice climatique, s’appuyant sur les revendications issues de l’accord des peuples de Cochabamba. Alors qu’une dernière réunion intermédiaire de préparation a lieu à Tianjin avant le sommet de Cancun (28 nov – 10 déc), il est plus qu’important d’augmenter la pression sur nos gouvernements pour qu’enfin de paroles et fausses solutions, nous passions à la mise en place de politiques réellement alternatives. A ce titre, le projet Yasuni-ITT proposé par le gouvernement équatorien, visant à ne pas exploiter du pétrole contre un financement des pays du Nord de leur dette environnementale, est une opportunité pour réduire la dépendance au pétrole de nos modèles de production et de consommation au Nord (un débat est organisé le 20 octobre à Paris). Ce n’est bien-entendu pas envisageable sans une mise au pas des activités prédatrices et inhumaines de nombre de multinationales (voir cette pétitiondes droits pour tous, des règles pour les multinationales”).

Signalons également la publication récente de Altermondialisme saison 2 : de Seattle à Cochabamba” (flyer ici) de la revue Mouvements qui revient sur le “virage écolo” des altermondialistes, se consacrant à la justice climatique et aux biens communs, pour « changer le système, pas le climat ». De nombreux papiers reviennent sur les atouts, limites et défis des mobilisations pour la justice climatique. De quoi nourrir cette semaine d’actions et les nécessaires mobilisations à venir pour renforcer le rapport de force et expérimenter des pratiques alternatives.

Des négociations qui progressent, des camps climat qui se succèdent

10 août 2010

Du 2 au 6 août, une troisième rencontre était organisée à Bonn pour préparer le prochain sommet sur les changements climatiques à Cancun (29 novembre – 11 décembre). Si la précédente rencontre de début juin avait été assez catastrophique, il semblerait que celle-ci soit un bon cru. Les pays dits “développés” semblent avoir été renvoyés dans les cordes à force de vouloir faire du calamiteux “accord” de Copenhague l’alpha et l’omega des négociations.

Ainsi, la Bolivie se félicite d’avoir pu intégrer dans le principal texte de négociations les principales exigences portées par l’accord des peuples de Cochabamba : réduction de 50 % des émissions de GES pour la seconde échéance du protocole de Kyoto (2013-2017), la référence à 1°C d’augmentation maximale et à la limite de 300 ppm de CO2 dans l’atmosphère, la proposition d’un Tribunal International Climatique et celle de consacrer 6 % du PIB mondial à la lutte contre le changement climatique. Est également indiqué le principe de l’« espace carbone », qui demande que les droits d’émission de CO2 soient limités mondialement et répartis entre les pays proportionnellement à leurs besoins de développement ou, a contrario, à leur responsabilité historique dans la pollution de l’atmosphère (voir l’article de l’Humanité).
Rien n’est décidé à ce stade et ces références ne sont que des options parmi d’autres. Sans une véritable mobilisation populaire, capable de peser sur les choix que feront les gouvernements à l’automne, il est peu vraisemblable que les propositions les plus abouties soient retenues. A ce titre, l’appel à des mobilisations pour la semaine du 10 au 17 octobre prend tout son sens. Ainsi que l’appel de la Via Campesina à réaliser 1000 Cancuns partout dans le monde pendant les négociations de décembre !

En été, les camps climat prospèrent.

Camp climat à Harfleur (photo Daniel Maunoury)

Sur le slogan “changer le système pas le climat“, quelques centaines de militants se sont retrouvés du 22 juillet au 1er août à Harfleur, estuaire de la Seine, pour participer au Camp Action Climat français 2010. Après un premier Camp en août 2009 contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il s’agissait de dire STOP au groupe pétrolier TOTAL, un des premiers émetteurs de gaz à effets de serre en France et “symbole international des grandes sociétés sans scrupules, exploitant et détruisant sans limites et dont les activités et les pratiques iniques mettent en péril le climat, les milieux naturels, les populations et vont à l’encontre du bien commun de l’humanité” (plus d’infos ici). Expérimentant un lieu de vie temporaire, autogéré et avec une empreinte écologique minimum (cuisine végétarienne, toilettes sèches, énergie solaire et éolienne…), les activistes présents ont également bloqué durant 4h l’approvisionnement en blé d’une usine d’agrocarburants² (voir ici et ici ). Un appel à bloquer la raffinerie de Normandie le 16 octobre prochain a également été lancé.

Total, dans la Région du Havre

D’autres camps climat en Europe sont programmés (voir le calendrier ici). Quelques infos qui nous sont parvenues :
- en Suède, plus d’une centains d’activistes se sont retrouvés au nord de Stockholm du 2 au 8 août, où ils ont notamment organisé une action de solidarité envers les activistes écologistes russes attaqués par l’extrême-droite ;
- en Belgique, une centaine d’activistes issus du camp climat ont bloqué la partie transport de marchandises de l’aéroport de Liège pour dénoncer les “crimes commis par l’aviation et notamment le transport international de nourriture“. Voir ici.
- Au Royaume-Uni, et alors que le gouvernement britannique a annoncé l’abandon de l’extension de l’aéroport d’Heathrow, le camp climat aura lieu du 21 au 24 août à Edinburgh et aura pour cible la Royal Bank of Scotland, “l’un des plus importants investisseurs de la planète dans le pétrole, le gaz et le charbon”. Voir cette vidéo de 3 minutes qui annoncent le camp climat. Plus d’informations ici.

A noter également :

- alors que la raffinerie des Flandres a été redémarrée suite à la mobilisation des salariés et à une décision de justice favorable, nous rappelons l’existence de cet appel, publié courant mars, qui demandait la préservation des collectifs de travail pour les 5 prochaines années, nécessitant son redémarrage, et le lancement d’un processus de reconversion écologiquement soutenable ; il est plus que jamais d’actualité ;
- une action de Bizi ! qui a réuni plus de cent personnes ce 1er août à midi pendant les fêtes de Bayonne pour appeler à la journée de mobilisation du dimanche 10 octobre 2010, autour de la revendication de baisse de 10 % des gaz à effet de serre dès 2010.

Action de Bizi ! appelant à la journée du 10 octobre 2010

Après Bonn, construisons des pistes alternatives…

15 juin 2010

 

Il n’y a pas grand-chose à retenir de la rencontre intermédiaire de Bonn (19 mai – 11 juin). Comme souvent, Yvo de Boer a résumé la situation : “Je ne pense pas que le processus puisse aboutir, dans les dix ans à venir, à des objectifs de réduction adaptés”. La copie des pays développés est à revoir. Actuellement, la compilation des objectifs qu’ils ont annoncés mène à une fourchette de réduction de -12% à -18% pour 2020, par rapport à 1990. Ils espéraient acheter les pays pauvres en promettant 30 milliards de dollars de financements rapides à Copenhague : ils n’arrivent pas à les verser et il apparait que la majeure partie de cet argent est de l’aide au développement recyclée.  D’autre part, ces sommes seraient principalement dédiées à la réduction des émissions des pays émergents plutôt qu’aux pays pauvres.



 

S’ajoutent les velléités des pays développés visant à faire de l’accord de Copenhague la base de toute négociation au détriment d’une suite contraignante au protocole de Kyoto. Ainsi que leurs initiatives pour diminuer au maximum leurs réductions domestiques (REDD+ lié aux mécanismes de compensation ; querelle concernant la prise en compte du carbone stocké dans les  forêts des pays riches, LULUCF). Dans le même temps, les pays en développement, Chine en tête, ne sont pas porteurs de propositions alternatives radicales visant à transformer sérieusement les modèles de production et de consommation de nos sociétés pour les rendre véritablement conciliables avec la préservation des écosystèmes dans lesquels nous vivons.

 

Hormis la Bolivie, et quelques autres, s‘appuyant sur l’accord des peuples de Cochabamba – dont les préconisations sont d’ailleurs marginalisées dans les textes des négociations officielles (1) – trop rares sont les propositions en rupture avec le modèle dominant. Si ce n’est dans les manifestations…et initiatives des associations au ONG impliqués dans la mouvance Climate Justice Now.

  • Voir des diaporamas des mobilisations ici, ici et ici.

 

Dans les mois à venir, les initiatives citoyennes alternatives pour faire face efficacement aux dérèglements climatiques tout en faisant œuvre de justice sociale sont donc décisives (voir ici et ici). Des rendez-vous sont déjà fixés pour une semaine de mobilisations du 10 au 16 octobre et pour des initiatives décentralisées partout dans le monde pendant le sommet de Cancun (29 nov. 11 déc). Via Campesina appelle ainsi à réaliser 1000 Cancun (voir calendrier ici). En France, nous pouvons compter sur :

les 2, 3, et 4 juillet, le 10ème Rassemblement contre le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes, au lieu dit « Le LIMIMBOUT » – Tract de présentation ici.

22 juil – 1 août : Camp Climat au Havre, comme “premier port pétrolier et premier site industriel émetteur de gaz à effet de serre en France” ; voir le tract ici.

De nombreuses initiatives publiques, qui de Montreuil à Clermont en passant par Poitiers, sont organisées pour rester vigilants et proposer des pistes alternatives.Voir ici.

 

—————-

(1) voir les pétitions électroniques des Amis de la Terre International ici et de la Bolivie ici.

qWo7@gaqYdPt

Bonn : la « confiance » nécessite de véritables solutions ! System change, not climate change !

2 juin 2010

Plus de 5 mois après la clôture calamiteuse de la COP-15 de Copenhague[i], et 6 mois avant la Cop-16 de Cancun au Mexique (29 nov – 10 déc), la rencontre intermédiaire de Bonn (31 mai – 11 juin) s’est ouverte dans un climat de défiance.

D’Yvo de Boer à Christiana Figueres qui va lui succéder le 1er juillet, en passant par les négociateurs et observateurs les plus avertis, les déclarations annonçant qu’il n’y aura pas d’accord sur le climat cette année et qu’il faudrait se contenter des mesures « opérationnelles » pour aider les pays les plus pauvres et protéger les forêts, ne cessent de se multiplier.

Comme s’il était possible d’écarter le cœur des négociations – les engagements contraignants de réduction de GES des pays développés – pour se concentrer sur ce qui serait plus aisé. De fait, les pays développés agitent quelques milliards d’euros et des mécanismes de financements de projets moins carbonés au Sud pour masquer leur propre incapacité à réduire leurs émissions domestiques de GES et transformer leurs modèles économiques. Certains pays du Sud, comme la Bolivie, et les mouvements sociaux ne sont pas dupes et réclament que les propositions contenues dans l’accord des peuples de Cochabamba, notamment un engagement de réduction de 50 % d’ici 2020, soient intégrées dans les textes des négociations au même niveau que celles du pseudo-accord de Copenhague.

Il faut rappeler à celles et ceux qui disent souhaiter redonner « confiance dans le processus de négociations » que cette « confiance » nécessite des actes et non plus des engagements vagues au final non tenus. Aujourd’hui, l’incurie des principaux gouvernements de la planète ont de fait ouvert la porte à l’offensive des climato-sceptiques. Face à cela, les mouvements sociaux sont revenus de Cochabamba avec un agenda de rendez-vous et d’initiatives pour 2010 – ici à Bonn et semaine internationale d’actions décentralisées du 10 au 16 octobre – afin d’imposer de véritables solutions, dans les négociations et sur le terrain. Seul un véritable rapport de force, s’appuyant sur des revendications globales ancrées dans des pratiques alternatives le permettra.

Documents :

Dérèglements climatiques et environnementaux : passer à l’offensive ! par Maxime Combes, point d’étape rédigé avant l’ouverture de de la rencontre de Bonn.

Article de Libération ici et dépêche Reuters ici.

Intervention de la coalition Climate Justice Now ! lors de l’ouverture du groupe de travail sur le protocole de Kyoto ici,


[i] Voir Trois leçons rapides de «Flopenhague», http://copenhague.blogs.liberation.fr/climat/2009/12/trois-leçons-rapides-de-flopenhague.html


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.