Archive pour la catégorie ‘France’

Des Plans Climat Energie Citoyens pour construire l’alternative, maintenant !

mai 25, 2010

Comme nous l’indiquions ici, les expériences de rédaction de Plans Climat Energie Citoyens se multiplient : après le travail de Virage Energie Nord-pas-de-Calais, c’est au tour de Virage Energie-Climat Pays de la Loire et de Virage- énergie Île-de-France de s’être lancé. Participant au renforcement de l’expertise citoyenne et militante, ces initiatives donnent des armes aux mobilisations locales pour une transformation profonde des modes de production, de consommation, de transports et d’habitat.

L’objectif est généralement de travailler sur des scénarios de réduction des émissions de gaz à effet de serre au minimum conformes aux préconisations du GIEC (- 40 % en 2020 et au moins 85 % en 2050) tout en assurant un approvisionnement énergétique durable à la région, en diminuant les consommations et en développant les énergies renouvelables avec l’objectif de se passer du nucléaire. Ce travail s’appuie sur celui déjà réalisé autour du scénario négaWatt

Ces études ne se limitent pas aux enjeux environnementaux et énergétiques car elles  prennent en compte les conséquences sociales et économiques d’un choix de scénario plutôt qu’un autre. Elles sont réalisées selon une démarche participative, dans le dialogue avec les acteurs et les forces vives du territoire, tout en étant conçu en lien avec des professionnels des questions énergétiques et climatiques.

Si l’association Virage-énergie Nord-Pas de Calais a publié en janvier 2008 un scénario régional (voir ici) de division par quatre des émissions de CO2 et de non-remplacement des réacteurs nucléaires de Gravelines, les scénarios Pays de la Loire et Ile-de-France sont attendus pour 2011.

Concernant l’Ile-de-France, un premier débat lancera la démarche le vendredi 28 mai 2010 de 20h à 23h30 (Salle AGECA – 177 rue de Charonne 15011 Paris – M°: Alexandre Dumas). Invitation ici et tract de présentation de l’association ici.

Total, complice d’un désastre écologique et humain au Canada – Arrêt de l’exploitation des sables bitumineux !

mai 23, 2010

En causant l’équivalent d’une marée noire par an, l’extraction et le raffinage de pétrole issu des sables bitumineux d’Alberta (Canada) est une véritable catastrophe écologique, sociale et humaine : déforestation des forêts boréales, utilisation de quantités d’eau et de gaz disproportionnées, rejets toxiques stockés pour des années sans protection, etc…

Total, déjà présent sur trois gisements, a annoncé qu’il investirait 15 à 20 milliards de dollars canadiens dans les années à venir pour que les sables bitumineux assurent 10 % de sa production totale.

A l’occasion de l’Assemblée Générale de Total, ce 21 mai, plusieurs initiatives (conférence de presse, projection-débat autour du flim H2Oil, action symbolique, etc…) soutenues par le collectif Urgence Climatique Justice Sociale ont été organisées pour exiger (voir dossier de presse) :

-          que les droits des populations locales impactées par l’exploitation des sables bitumineux soient respectés ;

-          que Total se désengage unilatéralement de l’exploitation des sables bitumineux en Alberta ou, si refus, que le gouvernement français l’y contraigne ;

-          que les établissements financiers cessent leurs investissements dans les sables bitumineux;

-          que l’Union Européenne distingue les hydrocarbures en provenance des sables bitumineux dans la mise en place de la Directive Carburant ;

-          que le Gouvernement du Canada respecte les engagements pris sous le protocole de Kyoto et s’engage sur de véritables politiques de réduction d’émissions de gaz à effets de serre.

-          que l’ensemble des pays du G20 s’engagent lors du prochain sommet de Toronto (Canada) à ne pas exploiter et/ou importer et consommer le pétrole issu des sables bitumineux afin de ne pas accroître les dérèglements climatiques en cours ;

A quelques jours de la rencontre intermédiaire de Bonn (31 mai – 11 juin), les pays développés doivent comprendre que seuls des actes concrets, contraignants et à la hauteur des enjeux permettraient de faire advenir « la confiance » qu’ils appellent de leurs vœux pour la reprise des négociations internationales.  La question des sables bitumineux leur en offre l’opportunité : mettons fin au greenwashing des multinationales et des déclarations lénifiantes sans effet pour enfin s’engager sur le chemin de véritables solutions comme une régulation draconienne de la production de pétrole, notamment issus des sables bitumineux.

Copenhague : l’échec ! Cochabamba : l’espoir ? Débat le 11 mai à Paris

avril 30, 2010

Depuis le non-accord de Copenhague, les négociations internationales sur le climat s’embourbent et les dirigeants repoussent encore et toujours le moment de prendre des décisions à hauteur des enjeux.

En Bolivie à Cochabamba, les mouvements pour la justice climatique, les peuples du Sud et du Nord se retrouvent pour sauver les équilibres climatiques et pour inventer un autre monde, débarrassé de l’injustice écologique.

Là-bas et ici, les luttes se mènent, du global au local.

Pour débattre de la diversité de ces luttes, de leurs exigences et de leurs perspectives, le collectif « Urgence Climatique Justice Sociale » (UCJS) vous invite à un débat public

le mardi 11 mai à 18h30 au CICP, 21 ter rue Voltaire, M° rue des Boulets

Pour débattre, seront présent-e-s :

Pauline Lavaud, de la fondation France Libertés et Josy Riffaud de la Via Campesina, présentes au sommet de Cochabamba
Txetx Etcheverry militant du collectif Basque pour la justice climatique « Bizi »
Jean Mallet, du collectif « Flins sans F1 »
Des syndicalistes de la SNCF en lutte contre la réforme du fret ferroviaire
Des militant-e-s du collectif « Urgence Climatique Justice Sociale »

Pas d’aéroport à Notre-Dame-Des-Landes !

avril 29, 2010

Le mercredi 5 mai, une délégation composée d’élu-e-s et de membres de la coordination des associations et mouvements politiques opposés au projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes (au nord de Nantes, 44) participera à une opération « Citoyens Vigilants » exceptionnellement délocalisée à Paris.

Cette opération – menée quotidiennement devant le conseil général de Loire Atlantique depuis octobre 2008 – se tiendra ce jour-là à proximité de l’Assemblée Nationale à l’occasion de la discussion sur la loi Grenelle 2, ce projet d’aéroport étant fortement grenello-incompatible.

Une conférence de presse sera également organisée à 11h.

A voir :
-    le site de la coordination ;
-    le dossier de presse sur l’opération Vigie à Paris
-    un 4 pages synthétisant les principaux arguments contre le projet ;
-    la copie du courrier adressé à Mr Borloo à l’occasion de cette initiative.

Batailler contre les climato-sceptiques et les fausses solutions !

avril 7, 2010

Les climato-sceptiques peu scientifiques… et parfois financés par des lobbies pétroliers

Depuis plusieurs semaines, ceux que Stephan Schneider, climatologue américain, appelle les « dénigreurs du changement climatique » plutôt que climato-sceptiques (voir ici), essaient de reprendre la main. Selon lui, l’écho qu’obtiennent leurs interventions est disproportionné par rapport à leur crédit scientifique, et ressemblent plus à de la « propagande idéologique » qu’à une « démarche scientifique ». C’est également le sens du récent appel de 400 scientifiques français spécialistes du climat demandant « structures référentes de la recherche scientifique française » d’exprimer publiquement leur « confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux », c’est-à-dire prendre position contre Allègre, Courtillot et consorts. Les industriels et lobbies pétroliers sont de la partie. Un rapport publié par Greenpeace – Etats-Unis montre que Koch Industries, conglomérat pétrolier américain a dépensé 18,4 millions d’euros entre 2005 et 2008 pour soutenir financièrement des campagnes d’information ou des organisations niant le changement climatique (article du Monde et du Guardian).

Dans le même temps, les promoteurs de fausses solutions poursuivent leur route sans issue.

Les marchés carbone, ça dysfonctionne.

Premiers pourfendeurs de la taxe carbone sous prétexte de « double peine » venant s’ajouter au marché carbone européen, des multinationales françaises parmi les plus polluantes, comme Arcelor Mittal ou le cimentier Lafarge, profitent des largesses du système européen. Selon l’ONG britannique Sandbag qui vient de publier un rapport, des industries très polluantes réussissent le tour de force de convertir en dizaines de millions d’euros les droits d’émission obtenus gratuitement en surplus de leurs besoins (voir articles de Bastamag ici et de Médiapart ici). Ces révélations s’ajoutant aux affaires de fraude sur la TVA (voir ici) et de suspension des échanges (voir ici) sur le marché du carbone européen, sans doute est-il temps d’exiger une remise en cause profonde de la finance carbone. Le collectif UCJS avait émis des pistes alternatives lors sa rencontre du 6 février (voir ici).

La France, soutien de la production de CO2 ?

Côté « développement », la Banque Mondiale doit se prononcer le 8 avril sur un prêt pour la construction de la centrale à charbon de Medupi en Afrique du Sud, portée par la multinationale sud-africaine Eskom. Cette centrale, qui émettra 25 millions de tonnes de CO2 par an, entraînera des pollutions majeures au soufre et au mercure, et exigera l‘ouverture de 40 nouvelles mines de charbon pour l’alimenter. Alors que les Etats-Unis s’abstiendront lors du vote, la France risque de soutenir le projet pour défendre les intérêts d’Alstom, impliqué dans la construction de la centrale. Un courrier (voir ici) à l’initiative des Amis de la Terre et signé (notamment) par Attac, Aitec, CADTM, Rac, CRID, a été envoyé au Président de la République et une cyberaction citoyenne est en cours (à signer ici).

En France, le gouvernement enterre son Grenelle de l’environnement.

Après l’abandon de toute taxe carbone que certains, comme le collectif Bizi, interprètent comme un enterrement du Grenelle de l’environnement (voir ici), les politiques gouvernementales sont bien éloignées des objectifs affichées de la semaine du « développement durable » qui vient de démarrer, ce 1er Avril… ! Les projets routiers et autoroutiers (Strasbourg, Bordeaux, Perpignan, Lyon-Saint Etienne…), aéroportuaires (Notre Dame des Landes…), l’abandon du fret diffus et de proximité par la SNCF, la construction d’un réacteur EPR à Penly alors que celui de Flamanville est un gouffre financier et une aberration technologique et écologique, sont autant d’exemples de projets gouvernementaux en contradiction avec les exigences de politiques alternatives portées par le collectif Urgence Climatique Justice Sociale.

Conférence de Sarkozy sur les forêts : mise en scène et fausses solutions sont au programme.

mars 10, 2010

Quelques jours après avoir flatté l’agrobusiness au salon de l’agriculture[1], Nicolas Sarkozy relance sa diplomatie climatique hasardeuse[2] par une mise en scène peu crédible. Il a convoqué une « conférence internationale sur les grands bassins forestiers » ce jeudi 11 mars à Paris, en dehors de tout cadre onusien de négociations. S’appuyant officiellement sur « les avancées obtenues à Copenhague », cette conférence a pour objectif de concrétiser les « financements et actions précoces du programme REDD+ » (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts), mais aussi les modes de « gouvernance » de ce mécanisme. S’appuyant sur une supposée « expertise forestière française » (sic[3]), Nicolas Sarkozy fait miroiter aux 25 ministres de l’environnement issus des principaux bassins forestiers (Bassin du Congo, de l’Amazonie, d’Amérique centrale et d’Indonésie) des financements rapides et significatifs, transformant, par effet d’aubaine, les forêts primaires restantes en véritable manne financière.

La déforestation comptant pour au moins 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), il est urgent et souhaitable d’aider les pays en développement à protéger leurs forêts primaires et à réduire les émissions causées par le déboisement. Néanmoins ce soutien ne peut se faire à n’importe quelle condition et il doit respecter certains principes élémentaires :

-         les plantations nouvelles doivent être exclues : les forêts tropicales stockent cinq fois plus de carbone que les plantations et constituent des réserves de biodiversité irremplaçables ;

-         les droits des populations vivant des forêts et/ou dans les forêts doivent être respectés, ce qui n’est généralement pas le cas avec les projets de conservation forestière, qui plus est lorsqu’ils sont financés par les pays développés ;

-         aucune compensation et création de droits d’émission ne doivent voir le jour en contrepartie de financements internationaux : les pays du Nord ne doivent pas pouvoir échanger leur pollution réelle contre celle, virtuelle, des pays du Sud, en finançant leur programme de lutte contre la déforestation ; le développement de la finance carbone que susciterait la généralisation de ces droits d’émission, simple effet d’aubaine pour des intérêts financiers délégitimés, est dangereuse et inefficace ;

Les forêts ne sont pas que des puits à carbone. La déforestation ne peut donc se réduire à une question monétaire. Enrichissant des potentats locaux bien souvent soutenus par d’anciens pays colonisateurs, elle met d’immenses territoires au service de l’économie mondialisée pour répondre à l’explosion de la demande de viande industrielle, de soja pour le bétail, de bois précieux, d’huile de palme destinée aux agrocarburants etc…

Stopper la déforestation et entrevoir une véritable régulation des forêts respectueuse des droits des populations n’est possible qu’à condition que ces dernières soient associées aux décisions et que les négociations aient lieu dans un cadre international multilatéral transparent. En excluant toute présence d’ONG ou associations et en envisageant la création d’un « secrétariat » pour gérer ces aides financières en dehors de l’ONU, Nicolas Sarkozy et le gouvernement français continuent de mener une diplomatie climatique parallèle inefficace et dangereuse que nous ne pouvons que dénoncer.

Voir également le communiqué d’Attac France ici, celui de la coalition Forests People Programme ici (et une traduction en français ici)


[1] En visite au Salon de l’agriculture, Nicolas Sarkozy s’est fendu d’un mémorable « toutes ces questions d’environnement, ça commence à bien faire ».

[2] Déjà avant Copenhague, Sarkozy et Borloo avaient sillonnait l’Afrique et l’Asie avec leur fameux plan « Justice Climat » qui n’avait rien de juste et qui, hors la mise en scène d’une diplomatie climatique hors ONU, n’a en rien fait avancer les négociations.

[3] La France a joué un grand rôle dans la déforestation d’une grande part de l’Afrique de l’Ouest, dont la Côte d’Ivoire qui en pait encore le prix aujourd’hui.

Retours sur la rencontre Nationale pour l’urgence climatique et la justice sociale

février 11, 2010

Organisée le 6 février, cette rencontre (programme en version .pdf ici), a été introduite par la contribution du collectif national en.pdf ici. Vous trouverez ci-dessous et en .pdf ici une synthèse de cette journée.

Une vidéo réalisée par le site www.bastamag.net résume en 10 minutes les contenus de cette riche journée de débats :

Les synthèses des trois ateliers sont accessibles ici pour celui portant sur finance et fiscalité écologique, ici pour celui sur les mobilisations et alternatives dans les villes et territoires et ici pour l’atelier animation et construction du collectif et du réseau UCJ.

Des contributions rédigées par Bizi! en .pdf ici et le NPA en .pdf ici sont également disponibles. Ainsi qu’un article du Monde ici en .pdf

Après l’échec du sommet de Copenhague, les mobilisations pour la justice climatique continuent

La première rencontre nationale du 6 février 2010 initiée par le collectif Urgence climatique Justice sociale (http://climatjustice.org) a été un succès en réunissant plus de 120 participants. Associant des collectifs locaux, des associations, des syndicats et des partis politiques, cette rencontre a permis de tirer un bilan de l’échec des négociations de Copenhague et d’envisager les suites des mobilisations. Pour devenir une question véritablement populaire, les alternatives à la crise climatique doivent chercher à résoudre la crise sociale, en traitant notamment la question de l’emploi, et garantir l’égalité sociale, entre le Nord et le Sud, mais également au sein des sociétés des pays développés. Par ailleurs, pour s’élargir, le mouvement doit intégrer de nouveaux acteurs, notamment les organisations syndicales ou des associations pas nécessairement environnementales.

La rencontre du 6 février a permis de dégager des axes communs qu’il s’agit d’enrichir dans les semaines et mois à venir :

-       Le marché européen des droits d’émissions de gaz à effet de serre a montré son inefficacité : instabilité, spéculation, effets d’aubaine pour les industriels et les marchés financiers ; nous refusons de confier aux marchés financiers la régulation du climat et exigeons des réductions fermes et domestiques de GES. Sur le plan des financements internationaux, nous soutenons les propositions pour des taxations internationales sur les transactions financières, les transports internationaux, etc… ;

-         La mise en œuvre de politiques climatiques ambitieuses nécessite de nouveaux types de financements. Si une refonte de la fiscalité est nécessaire, ses objectifs environnementaux doivent s’articuler à une logique de justice sociale, ce qui passe par de nouvelles taxations sur les premiers responsables des émissions de GES.

-         Les politiques climatiques ne dépendent pas seulement des négociations internationales, et doivent s’appuyer sur les mesures locales, régionales et nationales. C’est la cohérence qui doit guider l’articulation de ces différentes échelles d’intervention. Les luttes touchant à l’aménagement du territoire et aux transports, à la relocalisation de l’économie, aux alternatives en matière de production et d’échanges, dessinent, à partir de situations locales, une logique alternative globale.

-         Aucun changement ne sera possible sans inverser les rapports de force, et donc sans mobilisation des mouvements sociaux et environnementaux. Dans les mois à venir, la conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre Mère, en avril à Cochabamba (Bolivie) est à suivre avec attention comme une étape de la construction d’un véritable rapport de force international pour la justice climatique. En Europe, le sommet de Bonn en juin peut être le lieu d’une nouvelle mobilisation, afin de ne pas laisser le climat dans les mains des gouvernements et des lobbys industriels.

-         Le collectif Urgence Climatique Justice Sociale favorisera toutes les initiatives allant dans ce sens ; il se fera le relais des initiatives locales et participera à la coordination des luttes qui visent une transformation profonde des modes de production, de consommation, de transports et d’habitat actuels ; au niveau international il contribuera à la construction de la coalition Climate Justice Now (www.climate-justice-now.org).

Changeons le monde, pas le climat !

« finance et fiscalité écologique » est

Des mobilisations pour le climat et la justice sociale…

février 9, 2010

A se focaliser sur l’échec de Copenhague et l’enlisement des négociations officielles dans le cadre de l’ONU, Sarkozy et son gouvernement tentent de se dédouaner de leurs propres responsabilités. Responsabilités dans leur diplomatie du climat parallèle complètement improductive. Responsabilités dans l’incapacité de l’Union Européenne à s’engager à la hauteur des enjeux. Responsabilités également dans les politiques nationales qui vont à l’encontre de la régulation du climat et de la protection de l’environnement, malgré les effets de manche du Grenelle.

Face à ces politiques, les mobilisations se multiplient et dénoncent de fait ce double discours.

Sauver le fret

C’est tout d’abord un appel (voir ici) lancé par des syndicats, associations et partis politiques qui vise à « construire les mobilisations populaires pour une politique des transports de marchandises vraiment écologique et sociale » alors que le gouvernement cautionne le démantèlement du fret ferroviaire organisé par la SNCF. A l’inverse, il s’agirait de « sauvegarder d’abord, développer ensuite, un bien public indispensable à une politique des transports radicalement nouvelle qui réponde aux besoins des populations, garantisse des conditions sociales correctes aux salariés du secteur des transports et participe au maintien ou à l’instauration d’une qualité de vie satisfaisante« . Des actions sont à venir.

Comme celle prise par Bizi!, la CGT et le CADE au pays basque qui ont mobilisé (die-in puis conférence – voir ici) plusieurs centaines de personnes samedi 6 février après-midi sur Bayonne pour protester contre la mort du wagon isolé et le démantèlement d’une partie importante du Fret ferroviaire.

Pour une agriculture durable

Le même jour, Bizi! soutenait, par une chaîne humaine de 700 à 800 personnes – reliant la maison natale de René Cassin, père de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) à la sous-préfecture de Bayonne – pour réclamer le respect de la liberté d’association, garantie par l’article 20 de la DUDH, et soutenir Euskal Herriko Laborantza Ganbara, association qui milite pour une agriculture paysanne, juste et durable et qui est victime depuis plus de 5 ans d’un harcèlement ubuesque de la part des pouvoirs publics et du Préfet des Pyrénées-Atlantiques. Plus d’infos ici.

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : « Sortons d’un projet sans avenir »

Du 1er au 6 mars, c’est un tour de la Région des Pays de la Loire en tracteurs et vélos qui sera organisé pour informer et interpeller la population sur l’aberration du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes. . Une manifestation sera organisée à Nantes le samedi 6 mars à 14h pour l’arrivée des participants. Plus d’infos sur le tract ici en .pdf.

Plans Climat Energie Citoyens

Par ailleurs, les expériences de rédaction de Plans Climat Energie Citoyens se multiplient : après le travail de Virage Energie Nord-pas-de-Calais (voir ici la prochaine initiative des 12 et 13 fév.), c’est au tour de Virage Energie-Climat Pays de la Loire (voir ici) et bientôt en Ile-de-France. Participant au renforcement de l’expertise citoyenne et militante, ces initiatives donnent des armes aux mobilisations locales pour une transformation profonde des modes de production, de consommation, de transports et d’habitat.

Après l’abandon du projet de circuit de Formule1 en région Ile-de-France, d’autres victoires sont possibles.

Mobilisons les énergies nécessaires pour construire l’autre monde dont nous avons besoin.

La planète brule, assez de mots, des actes !

janvier 26, 2010

CP du 26 janvier, dispo ici .pdf.

Le collectif UCJS réclame que la France et l’Union européenne s’engagent immédiatement à réduire de façon domestique  leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 de 40 % par rapport à 1990!

A Copenhague la séance plénière finale de la conférence sur le climat s’est bornée à prendre « note » d’un document non contraignant juridiquement. Ce texte n’impose pas aux Etats des engagements contractuels prenant le relais de ceux adoptés dans le cadre de Kyoto, qui expirent en 2012. Ce texte prévoit que pour le 31 janvier au plus tard les pays riches doivent annoncer leurs promesses de diminution d’émissions de gaz à effets de serre (GES) et les pays en développement « les actions de limitation » leur permettant de ralentir la croissance de leurs émissions.

Il ne serait pas admissible que l’Union européenne ne propose une réduction de ses émissions que de 20% d’ici 2020, abandonnant même la baisse un temps envisagée de 30%.

L’Union européenne a signé le document final, qui indique que « la hausse des températures mondiales doit être inférieure à 2°C » en 2050 par rapport à l’ère pré-industrielle. Or pour atteindre cet objectif, qui pourtant condamnera les pays africains subsahariens à une diminution encore plus dramatique des moussons, les petites îles d’Océanie et les plaines côtières du continent indien à être submergées par la montée des océans, le GIEC pose comme nécessaire une réduction de 40% des émissions d’ici 2020.

Le collectif UCJS poursuit la construction d’un véritable mouvement citoyen, qui lie l’urgence climatique à la justice sociale et qui exige un accord international négocié au sein de l’ONU à la hauteur de l’urgence climatique. Mais la pusillanimité et l’impuissance des gouvernements rendent d’autant plus nécessaires les mobilisations locales et les alternatives concrètes et immédiates. C’est pour en débattre, qu’il appelle à une rencontre nationale le samedi 6 février à Paris, 12 rue Cabanis à partir de 9h30 (programme ici).

du 5 au 12 Décembre, tous dans la rue !

décembre 7, 2009

Photo Sophie Chapelle

Le 5 décembre, pour réclamer un accord contraignant, juste et à la hauteur des enjeux, des flash-mob ont été organisées un peu partout en France : Amiens, Angers, Bayonne, Bordeaux, Chambéry, Limoges, Marseille, Nancy, Nantes, Pau, Perpignan, Reims, Paris, Toulouse…

A Paris, ça s’est prolongé par des prises de parole d’internationaux des mouvements écologistes et sociaux du Sud, par le déploiement du patchwork « changeons le système pas le climat » des Amis de la Terre puis par une participation à la manifestation des chômeurs, précaires et licenciés…car sans justice sociale, il n’y aura pas de véritables solutions aux enjeux climatiques et environnementaux. Et c’est derrière notre banderole Urgence Climatique Justice Sociale que nos ami-e-s internationaux ont défilé, accompagné de nombreux militant-e-s du collectif, au rythme de chansons africaines ou philippines, de slogans sud-américains ou indiens.

Photo Benjamin Zylberstein

Convaincus qu’il n’y aura pas d’accord climatiquement efficace et juste socialement sans une immense pression populaire, les collectifs locaux ont prévu de remettre le couvert samedi 12 décembre en écho à la manifestation internationale de Copenhague. Aix-en-Provence, Amiens, Angers, Bayonne, Bordeaux, Briançon, Caen, Evreux, Clermont-Ferrand, Grenoble, La Rochelle, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes (action sur la tour de Bretagne), Perpignan, Royan, St Nazaire, Toulouse…les initiatives vont se multiplier. Tous les détails ici.

La droite sarkozyste n’en a pas moins perdu ses mauvaises habitudes. Ainsi, après une journée de mobilisations bien réussies à Bayonne – voir le CP de Bizi! – des drapeaux aux couleurs de l’association et exigeant un accord contraignant avaient fleuri aux balcons. Ce lundi 7 déc, jour d’ouverture du sommet de Copenhague, le maire UMP de la ville a mobilisé les services de la mairie pour faire enlever, contre l’avis des habitants, les banderoles et autres affichettes. Comme le dit Bizi! , « ce geste ahurissant montre à quel point, entre les appels à la mobilisation citoyenne contre le réchauffement climatique de Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo (président du Parti Radical dont Jean Grenet est le représentant Bayonnais), et la réalité de leurs politiques quotidiennes et concrètes, le décalage est grand« . Voir leur communiqué.

Ce geste ahurissant montre à quel point, entre les appels à la mobilisation citoyenne contre le réchauffement climatique de Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo (président du Parti Radical dont Jean Grenet est le représentant Bayonnais), et la réalité de leurs politiques quotidiennes et concrètes, le décalage est grand.