août 10, 2010 par maximecombes
Du 2 au 6 août, une troisième rencontre était organisée à Bonn pour préparer le prochain sommet sur les changements climatiques à Cancun (29 novembre – 11 décembre). Si la précédente rencontre de début juin avait été assez catastrophique, il semblerait que celle-ci soit un bon cru. Les pays dits « développés » semblent avoir été renvoyés dans les cordes à force de vouloir faire du calamiteux « accord » de Copenhague l’alpha et l’omega des négociations. Ainsi, la Bolivie se félicite d’avoir pu intégrer dans le principal texte de négociations les principales exigences portées par l’accord des peuples de Cochabamba : réduction de 50 % des émissions de GES pour la seconde échéance du protocole de Kyoto (2013-2017), la référence à 1°C d’augmentation maximale et à la limite de 300 ppm de CO2 dans l’atmosphère, la proposition d’un Tribunal International Climatique et celle de consacrer 6 % du PIB mondial à la lutte contre le changement climatique. Est également indiqué le principe de l’« espace carbone », qui demande que les droits d’émission de CO2 soient limités mondialement et répartis entre les pays proportionnellement à leurs besoins de développement ou, a contrario, à leur responsabilité historique dans la pollution de l’atmosphère (voir l’article de l’Humanité).
Rien n’est décidé à ce stade et ces références ne sont que des options parmi d’autres. Sans une véritable mobilisation populaire, capable de peser sur les choix que feront les gouvernements à l’automne, il est peu vraisemblable que les propositions les plus abouties soient retenues. A ce titre, l’appel à des mobilisations pour la semaine du 10 au 17 octobre prend tout son sens.
En été, les camps climat prospèrent.

Camp climat à Harfleur (photo Daniel Maunoury)
Sur le slogan « changer le système pas le climat« , quelques centaines de militants se sont retrouvés du 22 juillet au 1er août à Harfleur, estuaire de la Seine, pour participer au Camp Action Climat français 2010. Après un premier Camp en août 2009 contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il s’agissait de dire STOP au groupe pétrolier TOTAL, un des premiers émetteurs de gaz à effets de serre en France et « symbole international des grandes sociétés sans scrupules, exploitant et détruisant sans limites et dont les activités et les pratiques iniques mettent en péril le climat, les milieux naturels, les populations et vont à l’encontre du bien commun de l’humanité » (plus d’infos ici). Expérimentant un lieu de vie temporaire, autogéré et avec une empreinte écologique minimum (cuisine végétarienne, toilettes sèches, énergie solaire et éolienne…), les activistes présents ont également bloqué durant 4h l’approvisionnement en blé d’une usine d’agrocarburants² (voir ici et ici ). Un appel à bloquer la raffinerie de Normandie le 16 octobre prochain a également été lancé.

Total, dans la Région du Havre
D’autres camps climat en Europe sont programmés (voir le calendrier ici). Quelques infos qui nous sont parvenues :
- en Suède, plus d’une centains d’activistes se sont retrouvés au nord de Stockholm du 2 au 8 août, où ils ont notamment organisé une action de solidarité envers les activistes écologistes russes attaqués par l’extrême-droite ;
- en Belgique, une centaine d’activistes issus du camp climat ont bloqué la partie transport de marchandises de l’aéroport de Liège pour dénoncer les « crimes commis par l’aviation et notamment le transport international de nourriture« . Voir ici.
- Au Royaume-Uni, et alors que le gouvernement britannique a annoncé l’abandon de l’extension de l’aéroport d’Heathrow, le camp climat aura lieu du 21 au 24 août à Edinburgh et aura pour cible la Royal Bank of Scotland, « l’un des plus importants investisseurs de la planète dans le pétrole, le gaz et le charbon ». Voir cette vidéo de 3 minutes qui annoncent le camp climat. Plus d’informations ici.
A noter également :
- alors que la raffinerie des Flandres a été redémarrée suite à la mobilisation des salariés et à une décision de justice favorable, nous rappelons l’existence de cet appel, publié courant mars, qui demandait la préservation des collectifs de travail pour les 5 prochaines années, nécessitant son redémarrage, et le lancement d’un processus de reconversion écologiquement soutenable ; il est plus que jamais d’actualité ;
- une action de Bizi ! qui a réuni plus de cent personnes ce 1er août à midi pendant les fêtes de Bayonne pour appeler à la journée de mobilisation du dimanche 10 octobre 2010, autour de la revendication de baisse de 10 % des gaz à effet de serre dès 2010.

Action de Bizi ! appelant à la journée du 10 octobre 2010
Mots-clefs : copenhague, manifestation, Climat, négociations, Mobilisations, bonn, cancun, camp-climat, blocage, Total
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juillet 27, 2010 par maximecombes
Lors du dernier Forum Social Européen d’Istanbul (4 – 7 juil. 2010), les mouvements européens ont rappelé que « la justice climatique repose sur un changement fondamental de nos modes de production et de consommation en matière d’alimentation, de biens, d’énergie et plus généralement de nos modes de vie« . S’appuyant sur une vision pour « le bien vivre pour tous, et non le cauchemar d’une éco-austérité autoritaire« , la déclaration adoptée cible les prochaines occasions pour construire les alternatives nécessaires :
- le 26 août : actions de solidarité en lien avec le procès de Tash Verco et Noah Weiss à Copenhague
- été 2010 : les camps « Climat » et les camps « No Border » qui auront lieu à travers l’Europe
- le 29 septembre : journée européenne d’action des syndicats
- entre le 10 et le 17 octobre : appel de différents réseaux à organiser des actions pour la justice climatique. Durant cette semaine :
le 12 octobre : journée d’action directe pour la justice climatique
le 16 octobre : journée d’action contre Monsanto
- Du 29 novembre au 10 décembre, se tiendra le 16ème Sommet de l’ONU sur le changement climatique à Cancun (Mexique) : nous mettrons en place « 1000 Cancun » pour protester contre les fausses solutions et montrer la voie vers une réelle justice climatique et sociale.
Cette déclaration (téléchargeable ici en français et ici en anglais) fait écho à celle qui a été adoptée lors du Forum Social des Etats-Unis qui s’est tenu du 22 au 26 juin 2010 à Détroit (téléchargeable ici en français et ici en anglais). Cette dernière, en plus de s’imprégner fortement de la situation particulière de Détroit, rappelle que « c’est seulement par le «bien vivre», en harmonie les uns avec les autres et avec la Terre-Mère, plutôt que par le «vivre mieux», basée sur un système économique de croissance illimitée, de domination et d’exploitation, que la population de la planète, non seulement survivra, mais pourra prospérer« . Insistant sur l’articulation nécessaire entre les droits des populations autochtones et des migrants avec la lutte pour « un air pur, des bons emplois et la justice écologique« , la déclaration donne plusieurs rendez-vous aux mouvements américains, notamment pour « protester contre BP, Chevron et les autres industries pétrolières polluantes« .

Clean Air - Good Jobs (source : www.alter-echos.org)
· le 26/08 : actions de solidarité en lien avec le procès de Tash Verco et Noah Weiss à Copenhague
· été 2010 : les camps « Climat » et les camps « No Border » qui auront lieu à travers l’Europe
· le 29/09 : journée européenne d’action des syndicats
· entre le 10 et le 17 octobre : appel de différents réseaux à organiser des actions pour la justice climatique. Durant cette semaine :
le 12 octobre : journée d’action directe pour la justice climatique
le 16 octobre : journée d’action contre Monsanto
· Du 29 novembre au 10 décembre, se tiendra le 16ème Sommet de l’ONU sur le changement climatique à Cancun (Mexique) : nous mettrons en place « 1000 Cancun » pour protester contre les fausses solutions et montrer la voie vers une réelle justice climatique et sociale.
Mots-clefs : justice sociale, Climat, justice climatique, Mobilisations, Europe, Forum Social, Détroit, IIstambul, Etats-Unis, justice écologique
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juin 15, 2010 par maximecombes
Il n’y a pas grand-chose à retenir de la rencontre intermédiaire de Bonn (19 mai – 11 juin). Comme souvent, Yvo de Boer a résumé la situation : « Je ne pense pas que le processus puisse aboutir, dans les dix ans à venir, à des objectifs de réduction adaptés ». La copie des pays développés est à revoir. Actuellement, la compilation des objectifs qu’ils ont annoncés mène à une fourchette de réduction de -12% à -18% pour 2020, par rapport à 1990. Ils espéraient acheter les pays pauvres en promettant 30 milliards de dollars de financements rapides à Copenhague : ils n’arrivent pas à les verser et il apparait que la majeure partie de cet argent est de l’aide au développement recyclée. D’autre part, ces sommes seraient principalement dédiées à la réduction des émissions des pays émergents plutôt qu’aux pays pauvres.
S’ajoutent les velléités des pays développés visant à faire de l’accord de Copenhague la base de toute négociation au détriment d’une suite contraignante au protocole de Kyoto. Ainsi que leurs initiatives pour diminuer au maximum leurs réductions domestiques (REDD+ lié aux mécanismes de compensation ; querelle concernant la prise en compte du carbone stocké dans les forêts des pays riches, LULUCF). Dans le même temps, les pays en développement, Chine en tête, ne sont pas porteurs de propositions alternatives radicales visant à transformer sérieusement les modèles de production et de consommation de nos sociétés pour les rendre véritablement conciliables avec la préservation des écosystèmes dans lesquels nous vivons.

Hormis la Bolivie, et quelques autres, s‘appuyant sur l’accord des peuples de Cochabamba – dont les préconisations sont d’ailleurs marginalisées dans les textes des négociations officielles (1) – trop rares sont les propositions en rupture avec le modèle dominant. Si ce n’est dans les manifestations…et initiatives des associations au ONG impliqués dans la mouvance Climate Justice Now.
- Voir des diaporamas des mobilisations ici, ici et ici.
Dans les mois à venir, les initiatives citoyennes alternatives pour faire face efficacement aux dérèglements climatiques tout en faisant œuvre de justice sociale sont donc décisives (voir ici et ici). Des rendez-vous sont déjà fixés pour une semaine de mobilisations du 10 au 16 octobre et pour des initiatives décentralisées partout dans le monde pendant le sommet de Cancun (29 nov. 11 déc). Via Campesina appelle ainsi à réaliser 1000 Cancun (voir calendrier ici). En France, nous pouvons compter sur :
les 2, 3, et 4 juillet, le 10ème Rassemblement contre le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes, au lieu dit « Le LIMIMBOUT » – Tract de présentation ici.
22 juil – 1 août : Camp Climat au Havre, comme « premier port pétrolier et premier site industriel émetteur de gaz à effet de serre en France » ; voir le tract ici.
De nombreuses initiatives publiques, qui de Montreuil à Clermont en passant par Poitiers, sont organisées pour rester vigilants et proposer des pistes alternatives.Voir ici.
—————-
(1) voir les pétitions électroniques des Amis de la Terre International ici et de la Bolivie ici.
Mots-clefs : bonn, Climat, copenhague, justice climatique, manifestation, Mobilisations, négociations, urgence climatique
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juin 2, 2010 par maximecombes

Plus de 5 mois après la clôture calamiteuse de la COP-15 de Copenhague[i], et 6 mois avant la Cop-16 de Cancun au Mexique (29 nov – 10 déc), la rencontre intermédiaire de Bonn (31 mai – 11 juin) s’est ouverte dans un climat de défiance.
D’Yvo de Boer à Christiana Figueres qui va lui succéder le 1er juillet, en passant par les négociateurs et observateurs les plus avertis, les déclarations annonçant qu’il n’y aura pas d’accord sur le climat cette année et qu’il faudrait se contenter des mesures « opérationnelles » pour aider les pays les plus pauvres et protéger les forêts, ne cessent de se multiplier.
Comme s’il était possible d’écarter le cœur des négociations – les engagements contraignants de réduction de GES des pays développés – pour se concentrer sur ce qui serait plus aisé. De fait, les pays développés agitent quelques milliards d’euros et des mécanismes de financements de projets moins carbonés au Sud pour masquer leur propre incapacité à réduire leurs émissions domestiques de GES et transformer leurs modèles économiques. Certains pays du Sud, comme la Bolivie, et les mouvements sociaux ne sont pas dupes et réclament que les propositions contenues dans l’accord des peuples de Cochabamba, notamment un engagement de réduction de 50 % d’ici 2020, soient intégrées dans les textes des négociations au même niveau que celles du pseudo-accord de Copenhague.
Il faut rappeler à celles et ceux qui disent souhaiter redonner « confiance dans le processus de négociations » que cette « confiance » nécessite des actes et non plus des engagements vagues au final non tenus. Aujourd’hui, l’incurie des principaux gouvernements de la planète ont de fait ouvert la porte à l’offensive des climato-sceptiques. Face à cela, les mouvements sociaux sont revenus de Cochabamba avec un agenda de rendez-vous et d’initiatives pour 2010 – ici à Bonn et semaine internationale d’actions décentralisées du 10 au 16 octobre – afin d’imposer de véritables solutions, dans les négociations et sur le terrain. Seul un véritable rapport de force, s’appuyant sur des revendications globales ancrées dans des pratiques alternatives le permettra.
Documents :
Dérèglements climatiques et environnementaux : passer à l’offensive ! par Maxime Combes, point d’étape rédigé avant l’ouverture de de la rencontre de Bonn.
Article de Libération ici et dépêche Reuters ici.
Intervention de la coalition Climate Justice Now ! lors de l’ouverture du groupe de travail sur le protocole de Kyoto ici,
[i] Voir Trois leçons rapides de «Flopenhague»,
http://copenhague.blogs.liberation.fr/climat/2009/12/trois-leçons-rapides-de-flopenhague.html
Mots-clefs : bonn, cancun, Climat, copenhague, défiance, négociations, solutions
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mai 25, 2010 par maximecombes

Comme nous l’indiquions ici, les expériences de rédaction de Plans Climat Energie Citoyens se multiplient : après le travail de Virage Energie Nord-pas-de-Calais, c’est au tour de Virage Energie-Climat Pays de la Loire et de Virage- énergie Île-de-France de s’être lancé. Participant au renforcement de l’expertise citoyenne et militante, ces initiatives donnent des armes aux mobilisations locales pour une transformation profonde des modes de production, de consommation, de transports et d’habitat.
L’objectif est généralement de travailler sur des scénarios de réduction des émissions de gaz à effet de serre au minimum conformes aux préconisations du GIEC (- 40 % en 2020 et au moins 85 % en 2050) tout en assurant un approvisionnement énergétique durable à la région, en diminuant les consommations et en développant les énergies renouvelables avec l’objectif de se passer du nucléaire. Ce travail s’appuie sur celui déjà réalisé autour du scénario négaWatt
Ces études ne se limitent pas aux enjeux environnementaux et énergétiques car elles prennent en compte les conséquences sociales et économiques d’un choix de scénario plutôt qu’un autre. Elles sont réalisées selon une démarche participative, dans le dialogue avec les acteurs et les forces vives du territoire, tout en étant conçu en lien avec des professionnels des questions énergétiques et climatiques.
Si l’association Virage-énergie Nord-Pas de Calais a publié en janvier 2008 un scénario régional (voir ici) de division par quatre des émissions de CO2 et de non-remplacement des réacteurs nucléaires de Gravelines, les scénarios Pays de la Loire et Ile-de-France sont attendus pour 2011.
Concernant l’Ile-de-France, un premier débat lancera la démarche le vendredi 28 mai 2010 de 20h à 23h30 (Salle AGECA – 177 rue de Charonne 15011 Paris – M°: Alexandre Dumas). Invitation ici et tract de présentation de l’association ici.

Mots-clefs : alternative, négawatt, plan climat énergie citoyen, virage énergie
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mai 23, 2010 par maximecombes
En causant l’équivalent d’une marée noire par an, l’extraction et le raffinage de pétrole issu des sables bitumineux d’Alberta (Canada) est une véritable catastrophe écologique, sociale et humaine : déforestation des forêts boréales, utilisation de quantités d’eau et de gaz disproportionnées, rejets toxiques stockés pour des années sans protection, etc…
Total, déjà présent sur trois gisements, a annoncé qu’il investirait 15 à 20 milliards de dollars canadiens dans les années à venir pour que les sables bitumineux assurent 10 % de sa production totale.
A l’occasion de l’Assemblée Générale de Total, ce 21 mai, plusieurs initiatives (conférence de presse, projection-débat autour du flim H2Oil, action symbolique, etc…) soutenues par le collectif Urgence Climatique Justice Sociale ont été organisées pour exiger (voir dossier de presse) :
- que les droits des populations locales impactées par l’exploitation des sables bitumineux soient respectés ;
- que Total se désengage unilatéralement de l’exploitation des sables bitumineux en Alberta ou, si refus, que le gouvernement français l’y contraigne ;
- que les établissements financiers cessent leurs investissements dans les sables bitumineux;
- que l’Union Européenne distingue les hydrocarbures en provenance des sables bitumineux dans la mise en place de la Directive Carburant ;
- que le Gouvernement du Canada respecte les engagements pris sous le protocole de Kyoto et s’engage sur de véritables politiques de réduction d’émissions de gaz à effets de serre.
- que l’ensemble des pays du G20 s’engagent lors du prochain sommet de Toronto (Canada) à ne pas exploiter et/ou importer et consommer le pétrole issu des sables bitumineux afin de ne pas accroître les dérèglements climatiques en cours ;
A quelques jours de la rencontre intermédiaire de Bonn (31 mai – 11 juin), les pays développés doivent comprendre que seuls des actes concrets, contraignants et à la hauteur des enjeux permettraient de faire advenir « la confiance » qu’ils appellent de leurs vœux pour la reprise des négociations internationales. La question des sables bitumineux leur en offre l’opportunité : mettons fin au greenwashing des multinationales et des déclarations lénifiantes sans effet pour enfin s’engager sur le chemin de véritables solutions comme une régulation draconienne de la production de pétrole, notamment issus des sables bitumineux.

Mots-clefs : canada, Europe, fausses solutions, sables bitumineux
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mai 1, 2010 par maximecombes
Ce mercredi 5 mai se tient à Bruxelles un sommet UE-Canada. Les dérèglements climatiques sont au programme. Nous pourrions légitimement attendre de l’Union Européenne, en quête de leadership sur le climat, qu’elle interpelle vivement le premier Ministre canadien, Stephen Harper, qui sera par ailleurs l’hôte du prochain G20 (Toronto – 27 et 28 juin). En effet, le gouvernement canadien refuse toujours de s’engager sur de véritables politiques de réduction d’émissions de gaz à effets de serre (GES) tout en facilitant l’extraction du pétrole le plus polluant de la planète dans les sables bitumineux d’Alberta.

Ainsi, le Canada, et par son entremise les lobbies pétroliers, exerce une forte pression sur l’Union Européenne pour qu’elle ne soit pas trop stricte et sévère dans l’application de sa directive sur la qualité des carburants qui prévoit que les fournisseurs de carburant réduisent leurs émissions de 6 % d’ici 2020. Alors que c’est déjà peu, leur objectif est d’empêcher que l’UE différencie les carburants en fonction des émissions de GES qu’ils suscitent, aussi bien par leur extraction que par leur utilisation. Le document de travail sur les modalités exécutoires de la directive qui affirmait noir sur blanc que le pétrole extrait des sables bitumineux est plus polluant[1] que le pétrole dit « conventionnel »[2] vient en effet d’être modifié (voir ici). C’est loin d’être anodin : appliquer le taux moyen au pétrole issu de ces sables reviendrait à légitimer leur extraction. Alertés par des ONG européennes (voir ici), quelques députés européens ont pris des initiatives parlementaires (voir ici et ici).
Ce ne sera pas suffisant pour mettre fin à la catastrophe écologique, sociale et humaine (voir cet excellent article) que constitue l’extraction de ce pétrole, qui fait du Canada le deuxième pays en termes de réserves, derrière l’Arabie Saoudite, et le premier fournisseur des Etats-Unis. Sous la forêt boréale, ce sont 170 milliards de barils qui, pour être transformés en pétrole lourd, nécessitent des quantités d’eau indécentes (4 à 5 barils pour un de pétrole), de gaz naturel (un demi baril pour un de pétrole) et rejettent trois fois plus de GES que l’exploitation du pétrole « conventionnel ». En causant l’équivalent d’une marée noire par an, ces pratiques détruisent la faune et la flore de manière spectaculaire tout en exterminant les populations autochtones victimes des maladies produites par la pollution des eaux, de l’air et des ressources issues de la pêche et de la chasse.
A l’occasion des Assemblées Générales des principales compagnies pétrolières européennes, des représentants de ces peuples sont en Europe pour interpeller l’opinion publique. Ils multiplient pour cela les actions de rue, comme ici lors de l’AG de BP. De son côté, Total, déjà présent sur trois gisements, a annoncé qu’il investirait 15 à 20 milliards de dollars canadiens dans les années à venir pour que les sables bitumineux assurent 10 % de sa production totale. Lors de l’AG de Total le 21 mai prochain, plusieurs initiatives seront prises, en présence de représentants de ces peuples amérindiens. Plus d’informations à venir.
[1] 107 grammes de CO2 par mégajoule d’énergie produite
[2] 85,8 grammes de CO2 par mégajoule d’énergie produite
Mots-clefs : canada, catastrophe écologique, GES, sables bitumineux, union européenne
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avril 30, 2010 par maximecombes

Depuis le non-accord de Copenhague, les négociations internationales sur le climat s’embourbent et les dirigeants repoussent encore et toujours le moment de prendre des décisions à hauteur des enjeux.
En Bolivie à Cochabamba, les mouvements pour la justice climatique, les peuples du Sud et du Nord se retrouvent pour sauver les équilibres climatiques et pour inventer un autre monde, débarrassé de l’injustice écologique.
Là-bas et ici, les luttes se mènent, du global au local.
Pour débattre de la diversité de ces luttes, de leurs exigences et de leurs perspectives, le collectif « Urgence Climatique Justice Sociale » (UCJS) vous invite à un débat public
le mardi 11 mai à 18h30 au CICP, 21 ter rue Voltaire, M° rue des Boulets
Pour débattre, seront présent-e-s :
Pauline Lavaud, de la fondation France Libertés et Josy Riffaud de la Via Campesina, présentes au sommet de Cochabamba
Txetx Etcheverry militant du collectif Basque pour la justice climatique « Bizi »
Jean Mallet, du collectif « Flins sans F1 »
Des syndicalistes de la SNCF en lutte contre la réforme du fret ferroviaire
Des militant-e-s du collectif « Urgence Climatique Justice Sociale »
Mots-clefs : cochabamba, copenhague, fret, urgence climatique
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avril 29, 2010 par maximecombes

Le mercredi 5 mai, une délégation composée d’élu-e-s et de membres de la coordination des associations et mouvements politiques opposés au projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes (au nord de Nantes, 44) participera à une opération « Citoyens Vigilants » exceptionnellement délocalisée à Paris.
Cette opération – menée quotidiennement devant le conseil général de Loire Atlantique depuis octobre 2008 – se tiendra ce jour-là à proximité de l’Assemblée Nationale à l’occasion de la discussion sur la loi Grenelle 2, ce projet d’aéroport étant fortement grenello-incompatible.
Une conférence de presse sera également organisée à 11h.
A voir :
- le site de la coordination ;
- le dossier de presse sur l’opération Vigie à Paris
- un 4 pages synthétisant les principaux arguments contre le projet ;
- la copie du courrier adressé à Mr Borloo à l’occasion de cette initiative.
Mots-clefs : aéroport, Grenelle, mobilisation, Notre-Dame-des-Landes
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avril 22, 2010 par maximecombes
En raison du volcan islandais, très peu de représentants d’organisations membres d’Urgence Climatique Justice Sociale ont pu se rendre à Cochabamba. Peu de textes et vidéos en français sont donc disponibles : vous en trouverez ci-dessous quelques-uns, accompagnés de quelques traductions, en grande partie réalisées par le projet Medium.
Visitez le nouveau site de la coalition internationale Climate Justice Now (fr, en, sp).
La déclaration finale est accessible :
- ici en français ;
- ici en espagnol ;
- ici en anglais ;
En français :
Cochabamba : de la « guerre de l’eau » à la conférence alternative sur le climat, et Cochabamba : quand la planète « d’en bas » discute du climat par Pauline Lavaud, de la Fondation France Libertés, publiée par Bastamag.
Cochabamba : quand la voix des peuples se fait entendre, par Juliette Renaud, conseillère technique sur les problématiques environnementales du Prix Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel, et membre du REDAJ (Réseau d’assistance juridique contre les méga-activités minières).
La Via Campesina se mobilise pour la Conférence des peuples sur le Climat à Cochabamba, communiqués de presse de la Via Campesina, ainsi qu’ici, ici et ici.
Cochabamba : ambivalence et excitation, Cochabamba : quelles perspectives pour le mouvement du climat ? et Cochabamba : vers une semaine mondiale d’action pour la justice climatique par Tadzio Muller, militant des coalitions Climate Justice Action et Climate Justice Now.
Les droits de l’Homme et les droits de la nature sont les deux noms d’une même dignité par Eduardo Galeano, écrivain uruguayen.
En Bolivie, une nouvelle chance pour le climat, par Pablo Solón, ambassadeur de Bolivie à l’ONU.
A propos de l’initiative de Cochabamba et de « la TerreMère », par Pierre Khalfa
Cochabamba: les «alters» veulent un contre-sommet climatique, article de Jade Lindgaard pour Médiapart.
En Bolivie, appel « populaire » à un tribunal du climat, Article d’Hervé Kempf pour Le Monde.
Sommet de Cochabamba : un premier bilan, dépêche de Clara Delpas pour Novethic.
Cochabamba : rien à signaler, vraiment ?, par un blogger francophone présent à Cochabamba, ainsi qu’ici et ici.
En Anglais ou espagnol :
Le site officiel de la rencontre, notamment les bulletins d’information 1 et 2 et ici pour des vidéos.
La Web-radio des Amis de la Terre International où sont publiés de nombreux articles audios.
Un site américain très riche en informations, vidéos, retour historique sur la guerre de l’eau à Cochabamba.
Cochabamba: Mining protests overshadow climate summit, article du Guardian suite à une grève dans une mine d’argent bolivienne exploitée par une entreprise japonaise.
A New Climate Movement in Bolivia, par Naomi Klein
La déclaration des mouvements sociaux ici en anglais et ici en espagnol.

Mots-clefs : Bolivie, Climat, cochabamba, eau, justice climatique, mouvement, via campesina
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